Nouvelles tendances : l’architecture végétale

L’Architecture végétale est une discipline qui connaît présentement une grande vague d’engouement. Elle a bénéficié récemment d’une visibilité accrue grâce notamment au partage massif de vidéos sur les réseaux sociaux.

Me sentant interpellé par le sujet et ses visées, j’ai voulu explorer le sujet plus en profondeur au delà des simples concepts architecturaux qui donnent parfois plus dans le domaine de la fiction que du concret.

C’est dans cette optique que mes chroniques sur l’Ingénierie, l’Urbanisme et l’Architecture seront écrites. Je souhaite y faire ressortir le côté pragmatique, la science qui confirme ou bien infirme les idées généralement reçues sur les nouvelles technologies/processus durables.

Alors l’Architecture végétale voie d’avenir ou utopie ?

Je vous invite à regarder la vidéo suivante qui présente le projet Dragonfly à NYC imaginé par un architecte belge, Vincent Callebault,
Son projet ne se contente pas seulement d’intégrer des technologies éco-énergétiques au bâtiment, il vise également à ramener la production alimentaire au cœur de la ville !

https://www.youtube.com/watch?v=VtTBBg4Cgkg, Chaîne télévisée Franco-Allemande Arte, Juin 2013

Bien que ces projets soient inspirants et ambitieux, leur mises en oeuvre présente néanmoins plusieurs défis tels que:

Une réglementation municipale lourde et mésadaptée

Quiconque ayant déjà eu à parcourir un règlement d’urbanisme municipal sait qu’en plus d’êtres opaques et indigestes ces documents visent à encadrer la construction et l’utilisation du territoire ‘’traditionnelle’’. De ce fait, quand un projet est aussi innovant il sort nécessairement de ce cadre réglementaire.

Des coût initiaux élevés

Puisque ces designs sont très novateurs, il existe donc peu de fournisseurs/constructeurs ayant l’expertise pour ce type d’ouvrage. C’est pour cette raison que ces d’entreprises proposeront des frais de réalisation supérieures à un projet traditionnel.

Des techniques trop peu documentées et une fiabilité incertaine

Lorsqu’une nouvelle technologie/technique apparaît il est très rare que l’on puisse garantir son efficacité d’emblée. Souvent, cette tâche importante revient aux pionniers de ce domaine, qui par divers essais et erreurs vont faire passer le concept de la théorie à la pratique.

Il est donc compréhensible que lorsque le développeur fait face à toutes ces contraintes, elles puissent avoir raison du projet.

Il serait intéressant d’observer le chemin parcouru par l’une des premières techniques de construction dite écologique à avoir vu le jour au courant de la dernière décennie: la toiture verte.
Son objectif était d’engendrer des gains énergétiques importants en plus d’un effet anti îlot de chaleur ⇒ Qu’en est t’il ?

Et bien en se fiant à Sébastien Jacquet (ingénieur en construction éco-responsable au Centre d’Écologie Urbaine de Montréal, CEUM) qui a réalisé une étude sur l’efficacité des toitures vertes à Montréal avec comme cobaye un duplex de la rue Jeanne-Mance. On apprend que l’immeuble a connu:

Une Diminution drastique de la consommation d’énergie de climatisation : l’entrée de chaleur reliée au toit dans le bâtiment a été réduite de 99 % sur le toit irrigué et 91 % sur le toit non irrigué (extensif vs intensif)* ;

Gains en énergie de chauffage : les pertes de chaleur reliées au toit enregistrées sont de 38 % et de 27 % inférieures à un toit conventionnel;

Prolongation de la durée de vie des toitures : la température enregistrée sur la membrane d’étanchéité d’une toiture verte est beaucoup plus stable (77% et 66%) et la température maximale est réduite du quart (27% et 25%).

Sachant que les pertes thermiques par le toit comptent généralement pour 40% du total d’un bâtiment, on comprend rapidement que nous parlons ici d’une économie non négligeable.

En utilisant les données fournies par une autre étude du CEUM datant de 2011* sur l’aménagement d’une toiture végétale extensive sur le toit du CEUM au centre ville, on trouve qu’avec les économies de chauffage et de climatisation (36 kWh/m2 par an) et l’augmentation de la durée de vie du toit (30 ans et +) il apparaît que le coût initial (120-160$/m2) est totalement absorbé sur la durée de vie utile de la toiture verte!*
Sans oublier tous les autres avantages non quantifiables pour la santé et le bien être des habitants, usagers et des citadins.

On peut dire que des projets tels que ceux de Vincent Callebault vont beaucoup plus loin car ils proposent d’intégrer en plus l’Agriculture et l’Élevage en milieu urbain.

En voyant certains projets pilotes qui ont vu le jour récemment à Montréal tels que les fermettes en aquaponie (consultez le lien ci-dessous), nous avons bon espoir de voir toutes ces disciplines s’interconnecter dans un avenir proche.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/787561/poissons-plantes-ferme-verticale-aquaponie-quebec-jean-talon-montreal, Ici Radio Canada, Juin 2016.

En bref, comme pour tout changement de paradigme aussi important, le chemin peut-être laborieux et survenir sur plusieurs années voire une génération.
Cependant, plus les initiatives seront nombreuses, plus les acteurs seront conscients de ces problématiques et des alternatives, plus vite le virage sera pris.
Et c’est bien sur dans cette voie que nous travaillons au projet MR-63 !

Autres exemples de projets de végétalisation de bâtiments en rafale:

Le mur végétal du Quai Branly à Paris par Patrick Blanc, botaniste et chercheur au Centre National Français de Recherche Scientifique (CNRS).
Patrick Blanc est l’un des premiers initiateurs du concept des murs végétaux, ses projets se répandent maintenant partout dans le monde.
http://www.quaibranly.fr/fr/les-espaces/le-mur-vegetal/

La végétalisation des édifices passera également par les avancés technologiques tel que cette cellule de compostage qui permet d’accélérer le processus de récupération de la matière biologique de plusieurs semaines tout en réduisant ses désagrément
http://www.lefigaro.fr/conso/2017/01/13/20010-20170113ARTFIG00012-une-poubelle-pour-composter-ses-dechets-en-24h.php

Le concept “Sea Tree” lancé par un cabinet d’architectes au Pays-Bas, Cette tour serait non habitable par l’homme et aurait pour projet de former un écosystème à part entière et ainsi encourager la revitalisation des milieux marins des villes côtières
https://futurism.com/introducing-sea-tree/

Prochainement… Une ville intelligente, à quoi bon?!

Par Simon T. Lippé Perez
Crédits: Frédéric Morin-Bordeleau, Caroline Torregrossa

Publications récentes

Laisser un commentaire